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Le logement est un facteur d’efficacité économique : un marché du logement fluide facilite la mobilité des travailleurs. Il apparaît qu’il faut rénover la politique du logement du pays.

 

Des logements sociaux pour qui ?

La politique du logement fait partie entière de la politique sociale française. En effet, le parc de logement français est constitué à 17% de logements sociaux contre 8,6% pour la moyenne européenne. De plus, cela représente 2,3% du PIB : le montant des aides au logement dépasse celui des allocations familiales et du RSA.

Par ailleurs, 66% des Français sont éligibles, et dans tous les déciles de revenus, la proportion de foyers habitants un logement social est élevé.

Dans le même temps, le nombre de logement sociaux ne cesse d’augmenter : depuis 40 ans, la population française a augmentée de 20% quand le nombre de logements sociaux a monté de 60%.

On remarque aussi certaines limites dans l’attribution des logements sociaux car le nombre d’organismes qui gèrent le parc de logements sociaux s’élève à 500. Il en résulte une grande opacité et des abus, comme par exemple l’attribution de logements à certains directeurs généraux de SEM. Ou encore, 40% des logements attribués sont finalement refusés et certains foyers font plusieurs demandes. Le système actuel compte donc de nombreuses failles.

 

Une disparité forte entre les espaces

De nombreuses différences existent entre les départements, mais la plus remarquable reste celle entre Paris et la Province. Il semble donc falloir traiter les régions au cas par cas, et donc décentraliser la politique en chargeant les régions de ces questions.

A Paris, le nombre de logements sociaux ne fait que croître, tout comme la demande. Cette dernière reste cependant supérieure à l’offre. A qui profitent ces logements ? Les deux tiers des logements PLUS sont attribués à des ménages dont les revenus sont inférieurs à 60% des plafonds. Pour pallier le problème de logement à Paris, il convient de développer rapidement le Grand Paris, et notamment le réseau de transport pour rendre attractifs certains territoires.

 

Dans un autre temps, le taux de vacances peut atteindre 10% dans certaines communes, même si la moyenne nationale est de 1,6%. Certains logements en HLM sont mêmes proposés sur Leboncoin.

 

Un enjeu social

La loi SRU impose aux communes françaises de plus de 3 500 habitants 25% en 2013. Les quotas de HLM montrent notre incapacité à traiter le problème du logement ; ou alors la volonté d’avoir un contrôle sur les « demandeurs de logements ». L’Etat doit ainsi apporter sa contribution dans les zones tendues par l’intermédiaire de subventions.

Plus qu’ailleurs, à Paris, la mixité sociale est un échec puisque les ménages aux ressources moyennes sont moins nombreux que dans le reste de l’Ile de France.

La loi « égalité et citoyenneté » compte éviter les guettos, en réservant un quart des logements en dehors des quartiers prioritaires aux ménages les plus pauvres. Mais également de faire respecter le SRU dans les communes les plus aisées.

Quant aux APL, elles concernent les ménages les plus modestes puisque 80% ont un revenu inférieur ou égal au SMIC. Cependant, les propriétaires en profitent parfois pour augmenter les loyers sans que cela impacte la part payée par les résidents.

Enfin, 67% des Français souhaitent résider dans une maison individuelle, ce qui montre que l’ancienne politique qui visait à construire des grands ensembles n’est plus d’actualité et n’attire plus que ceux qui n’ont pas le choix.

 

Un enjeu économique majeur

A la base, la politique du logement avait pour objectif d’assurer à chacun un logement décent. L’objectif initial des logements sociaux a échoué puisque la mixité sociale est très faible.

Mais l’autre impact est économique car le secteur du logement est important pour l’économie d’un pays. Le tout logement social provoque des dégâts importants sur le marché sans jamais remettre en cause les rentes des bailleurs sociaux.

Il apparaît que les logements sociaux sont assez peu renouvelés : il faut encourager les bailleurs privés à investir et convaincre les organismes HLM à vendre. En effet, un logement social n’a pas vocation à rapporter de l’argent : il doit être vendu au locataire ou à des institutionnels après le remboursement des prêts. Un doublement des ventes permettrait de financer de près de 50 000 logements neufs chaque année.

Enfin, les locataires sont trop protégés, ce qui peut dissuader les propriétaires de louer. Les motivations des investisseurs tiennent plus aujourd’hui de l’augmentation éventuelle des prix que du rendement des loyers.

En définitive, il apparaît que la politique du logement doit être revue, en encourageant notamment le renouvellement et une meilleure répartition des logements sociaux. Actuellement, les Français sont satisfaits ou très satisfaits à 92% de leur logement. Pour améliorer ce chiffre, il convient d’annihiler les logements insalubres ou trop petits, et donc de moderniser le parc immobilier.

Source : Le mensuel de la Fondation IFRAP, n°168.

 

aloysia biessy