2015-12-25-1451062640-3753288-201512081449591417170352DonaldTrump

L’Indiana a fait son choix, ce soir du mardi 3 mai 2016. Dans le cadre des primaires républicaines, l’Etat se prononçait largement en faveur de Donald Trump. Le tumultueux candidat ravit 53.3% des voix en sa faveur, face à un Ted Cruz dépité, totalisant 36.7% des suffrages. « Nous avons jeté toutes nos forces dans l’Indiana, mais les électeurs ont choisi un autre chemin », a déploré le Sénateur du Texas avant d’annoncer qu’il se retirait de la campagne.

  • Ted Cruz : la défaite cuisante

Mobiliser les abstentionnistes, incarner les valeurs les plus conservatrices au sein d’un parti qui les avait selon lui bien trop négligées : telles étaient les perspectives de Ted Cruz avant sa défaite face au mania de l’immobilier. Critique à l’égard du parti et fort de son expérience de Sénateur du Texas, Cruz ne suscitait cependant pas l’engouement général : ainsi de John MacCain, ancien candidat à la présidentielle, qui n’hésitait pas à le traiter … de fou ! Pourtant, cet ancien sollicitor general – titre d’avocat général qu’il avait reçu à l’issue de son installation au Texas en 2003, avait rapidement accédé aux fonctions électives : en 2012, il atteint le poste de junior senator. Recevant le soutien de l’aile droite du Parti Républicain, il reste, dès l’abandon du Sénateur Marco Rubio[1], une figure rivale de taille face à Donald Trump. Avec un électorat dit « religieux », son conservatisme n’aura pourtant pas su convaincre.

  • Poursuite de la campagne pour le Parti Républicain

C’est donc à John Kasich d’affronter Donald Trump. Avec 7.5% des suffrages remportés dans l’Indiana, le candidat du Grand Old Party parviendra-t-il à s’imposer face à celui que certains appellent le représentant d’un véritable « phénomène populiste »[2] ? Et les prochaines échéances électorales sont proches : d’abord le 10 mai, avec le Nebraska et la Virginie Occidentale, puis le 7 juin, en Californie, où il devra faire ses preuves – 172 délégués y sont en jeu. Les perspectives de victoire semblent toutefois particulièrement ténues : totalisant 1053 voix de délégués, il manque 184 voix seulement à Donald Trump pour accéder à l’investiture automatique au sein du Parti…Et si « Trump aura du mal à ravir le vote des femmes et des afro-américains[3] », le candidat ne semble pas prêt à baisser les bras. « Nous allons battre Hillary en novembre », a-t-il asséné, confiant.

  • Trump : quel programme ?

Déclarant qu’il est son seul consultant politique[4], Donald Trump propose un programme essentiellement destiné à résoudre les crises. Mondialisation, immigration, déchéance sociale : des points sur lesquels mise le candidat pour convaincre un électorat majoritairement blanc et moyennement instruit. Pour relancer l’économie, il parie sur l’allègement fiscal, souhaitant abaisser l’impôt sur les sociétés de 35% à 15%. Certains dénoncent l’inanité d’un tel programme : car sans compensions par diminution de la dépense fédérale, la dette publique connaîtrait un bond de 10 000 à 12 000 milliards de dollars en dix ans.

Certaines des mesures annoncées par Trump apparaissent originales par rapport aux propositions classiques des conservateurs, telle la suppression des exemptions aux traders ou gérants de « hedge funds ». Prônant le « made in USA », ses dispositions en matière de commerce extérieur s’annoncent en défaveur de la délocalisation des entreprises américaines à l’étranger. « Si vous le faites, je vous colle un droit de douane de 35% sur chaque voiture produite là-bas que vous exporterez chez nous », a-t-il lancé à Ford qui envisageait de construire une usine au Mexique.

Conclusion

Face au « phénomène Trump », les démocrates jouent plus serrés : Bernie Sanders crée la surprise, se hissant non loin d’Hillary Clinton. Dans l’Indiana, il a ainsi remporté 52.7% des voix. S’il veut l’emporter, le candidat devra faire vite : car c’est avant la convention nationale de Philadelphie, le 25 juillet prochain, qu’il devra remporter les 2383 voix de délégués. Quoiqu’il en soit, le démocrate qui devra (vraisemblablement) affronter Trump en novembre aura du pain sur la planche !

[1] Voir Le Monde, La bataille de l’ultraconservateur Ted Cruz, 4.05.2016.

[2] Voir Le Figaro, Donald Trump survole l’Indiana, obligeant Ted Cruz à jeter l’éponge, 4.05.2016.

[3] Si l’on en croit l’analyste démocrate Paul Begala.

[4] Challenges, Présidentielle américaine : quel est le vrai programme de Donald Trump, 27.03.2015.

aloysia biessy