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Cela fait maintenant plus de quatre-vingt ans* que l’Œuvre Nationale du Bleuet de France (ONBF) soutient les militaires, qu’ils soient encore en activité ou anciens combattants, et vient en aide le cas échéant à leurs familles. Il soutient également les victimes directes du terrorisme. Depuis 1991, l’ONBF est intégrée à l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG). Bénéficiant d’un réseau de milliers de volontaires actifs, l’ONACVG se mobilise en permanence afin d’honorer ses missions de solidarité et de mémoire. Le résultat de cette mobilisation pour l’année 2015 est exposé son rapport d’activité annuel. Ainsi y figurent la description de la collecte et l’utilisation des fonds.

Les recettes du Bleuet de France ont des origines diverses et varient légèrement d’une année à l’autre. Tout d’abord, les collectes organisées à l’occasion du 8 mai et du 11 novembre en représentent la majorité. En 2015, la campagne de collecte du 8 mai a duré du 4 au 10 mai compris. Les passants se sont vu proposer un autocollant représentant le fameux bleuet contre un don du montant de leur choix en espèces ou en chèque. Du 2 au 11 novembre s’est déroulée la seconde campagne qui suivait le même procédé. Le rapport précise que ces jours de collecte sont inscrit au calendrier des journées d’appel à la générosité publique établi par le ministère de l’Intérieur. L’exercice 2015 marque une légère baisse des dons, en recul de 3,43% avec 1 007 549,06 € récoltés. Les dons effectués lors de ces quêtes sur la voie publique représentent 53,24% des recettes de l’année. En effet, d’autres modes de financement sont utilisés tels que les quêtes dans des lieux privés accessibles au public. La baisse est ici plus sensible et s’élève à 35% pour un résultat de 144 648,57€. L’état-major des armées est sans surprise un partenaire incontournable de l’ONBF dans l’organisation de ces collectes. La contribution des seules forces armées s’élève d’ailleurs en 2015 à près de 110 000€ soit 76% du total, sans prélèvement de quote-parts. Les dons effectués pendant l’année, hors période de collecte, bondissent en 2015 à 635 763,22 € grâce à un chèque de 500 000 € de la Fédération des Amputés de Guerre. Les principaux donateurs sont les particuliers et les associations d’anciens combattants. Il est à noter que ces dernières ont la possibilité exclusive de garder pour leurs œuvres 40% des fonds qu’elles collectent en quote-parts. La vente de produits dérivés et l’allocation de subventions par les municipalités complètent le chiffre des recettes avec respectivement 45 184,43 € et 59 182,80 €.

La répartition de la recette se fait en trois pôles que sont l’action sociale (58%), les actions de mémoire et de citoyenneté (25%) et la promotion de l’œuvre (17%).

Le total des crédits alloués au financement des actions sociales de l’ONACVG s’élève à 1 486 591,18 € en 2015. Il s’agit des 58% de la recette de l’année ainsi que des crédits non consommés de l’exercice 2014. Une partie importante de ce budget est allouée au renouvellement des équipements de bien-être des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). L’accompagnement des soldats blessés est évidemment une des actions principales. L’équipement d’une maison des blessés à l’Hôpital militaire de Percy, destinée à accueillir temporairement les militaires blessés et leurs familles a été cofinancée à hauteur de 10 421 €. L’accent est également mis sur la réappropriation de leur corps par les blessés à travers des activités sportives telles que les Rencontres Militaires Blessures et Sports (RBMS) auxquelles l’ONACVG a participé en 2015 à hauteur de 25 000 €. L’Office a également versé 32 500 € au Cercle sportif de l’Institution Nationale des Invalides (INI) qui travaille avec de grands blessés et 35 721 € dans l’achat d’équipements sportifs pour les blessés participant à des compétitions sportives avec la fondation Henri Sérandour. De même, il a participé à l’envoi de colis pour les militaires déployés en Opérations extérieures (OPEX) avec l’association Solidarité Défense (30 000 €). Dans la suite de l’accompagnement des blessés de guerres, le soutien à long terme des victimes du terrorisme s’est matérialisé par une contribution de 20 000 € aux projets Papillon, et Phoenix de l’Association Française des victimes du Terrorisme (AFVT). 125 020 € ont été alloués aux pupilles de la Nation.

425 411,15 € ont été alloués au financement des actions mémorielles en 2015, une partie de cet argent venant des crédits non consommés du budget 2014. Parmi les actions réalisées, l’organisation, d’une exposition sur le général Charles Delestraint mort en 1945 à Dachau pour 2 352,05 €. En cette période de centenaire de la Grande Guerre, de nombreux événements et commémorations sont mis en place. Ainsi, s’est tenue du 5 au 7 octobre 2015 une rencontre européenne des opérateurs de mémoire rassemblant l’ONACVG, des allemands du VDK, des autrichiens de la Croix noire, des néerlandais, des belges, des membres de l’INI et du Souvenir Français qui a coûté 8 012,10 € à l’ONBF. Le concours scolaire des « Petits Artistes de la Mémoire » qui a mobilisé 13 268,64 € et le concours BD « Bulles de mémoire » sont des activités destinées aux enfants, collégiens et lycéens afin de les faire réfléchir sur le thème de la guerre. L’Office travaille à promouvoir l’action des jeunes porte-drapeaux en leur fournissant des diplômes. Cette année, ils leur ont été remis à l’occasion du défilé du 14 juillet auxquels ils ont pu assister. L’impression des diplômes a coûté moins de 2 000 €. Ces différentes actions découlent de la volonté de sensibiliser les plus jeunes à la mémoire afin d’en assurer la transmission. Au niveau national, des actions destinées à promouvoir la mémoire des harkis ont été organisées comme un voyage au camp de Rivesaltes dans lequel 8 000 d’entre eux ont été placés après les accords d’Evian en 1962. Le Bleuet de France s’investit également dans des projets locaux tels que des actions mémorielles, des rencontres et des expositions.

La promotion de l’œuvre du Bleuet de France a bénéficié en 2015 d’un budget de 289 475,55 € dont 225 879,39 € ont été utilisés à la date du 31 décembre. Tout d’abord, la remise à jour du visuel du Bleuet et la conception d’une campagne d’affichage a coûté près de 17 000 €. Avec 43 700 affiches dispersées sur tout le territoire national, cette action a été un franc succès. La communication passe évidemment par une présence sur les réseaux sociaux qui permet d’étendre la visibilité du nouveau logo et a l’avantage d’être peu coûteuse. Le Bleuet a pu s’appuyer, dans la mise en œuvre de cette campagne, du soutien de la Délégation à l’information et à la communication de la défense (DICoD) et de partenaires tels que la Cellule d’aide aux blessés de l’Armée de Terre (CABAT). La Ligue de Football Professionnel, les clubs de rugby du Top 14, La Poste et la Monnaie de Paris sont de précieux vecteurs d’information. C’est ainsi que les joueurs des Ligues 1 et 2 portaient un brassard du Bleuet de France lors des matches des 6, 7 et 8 novembre 2015. Pour les rugbymen, le logo apparaissait sur les maillots.

 

 

L’initiative du Bleuet de France remonte à 1916, mais l’année 1934 voit la première vente de bleuets fabriqués par les anciens combattants à l’occasion du 11 novembre.

Nb. Cette  note fait la synthèse du rapport d’activité 2015 de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), octobre 2016.

aloysia biessy