Fortes des vingt-cinq associations qui composent sa cellule de défense de la vie, One of Us a lancé samedi 12 mars 2016 son premier congrès international. Mille deux cent participants issus de toute l’Europe, des représentants de ses gouvernements (Katalin Novak, Ministre de la Famille de Hongrie,…) : la salle est bondée, le public jeune et enjoué. Un succès complet accompagne cette première initiative.

 

« La nullité du débat culturel, débat public, la crise de valeur dont nous souffrons, la peur, quelquefois, provoque une panique, en raison des mensonges dominants. Le résultat ? Une société européenne qui se sent orpheline au sein de la représentation publique ». L’introduction du forum par le Président de la Fédération, Jaime Major des Ojera, jette le cadre du déroulement de la journée : occasion de dresser le constat aux origines de la crise des valeurs que traverse l’Europe, ce forum a également vocation à esquisser des solutions effectives, à mettre dans les mains des générations héritières les armes pour défendre la vie.

 

1° Changer la sémantique

 

  • Une sémantique au service de la culture de mort

Qu’il s’agisse de l’avortement ou de l’euthanasie, le vocabulaire employé pour minoriser la gravité de l’acte de donner la mort engendre une anesthésie de l’auditoire. « L’acharnement thérapeutique » devient sous la plume de Leonetti (loi de 2005) « obstination déraisonnable » et « l’alimentation par voie artificielle » un « traitement ». Avec 70 000 arrêts de traitements prononcés depuis 2005 en France[1], il est légitime de s’interroger sur la cause première de la mort du patient… Comble de l’hypocrisie : c’est au nom de l’égalité, de l’accès à l’euthanasie ‘’pour tous’’ que le combat est mené[2]…L’argumentaire est spécieux, mais fait recette.

 

  • De l’effectivité du changement de la sémantique

Souligner les évidences, invocations répétées à l’ordre naturel, permet le démantèlement d’une sémantique fallacieuse. « La Famille, la substance de notre vie, de notre nation, doivent être sans cesse soulignés », indique Katalin Novak, Ministre Hongroise de la Famille. En Hongrie, en effet, ce perpétuel retour aux sources a porté ses fruits. Le renforcement de la cellule familiale et de l’éducation traditionnelle[3], deux volets prônés par le gouvernement, aurait initié une transformation massive : depuis 2010, on assisterait selon le Ministre à une augmentation de 30% des mariages, à une chute de 50% du taux d’avortement… Les promoteurs de la « culture de mort » ont fait émerger un vocable gonflé d’euphémismes : qu’à cela ne tienne : « osez dire que la vie commence à la conception » (Grégor Püppinck) et que l’embryon est l’un d’entre nous, un être de chair et de sang.

 

2°Pointer le réel

Confronté au réel, ce vocabulaire se déconstruira de lui-même, indique-t-on. Le combat mené par la Fédération One of Us ne se veut pas idéologue : il est une proclamation des réalités. Notamment de la douleur de l’avortement ; il existe des cas où des enfants, nés vivants à l’issue d’un avortement tardif, viennent au monde à huit mois de gestation. « Le plus souvent ils sont tués, euthanasiés. Cette réalité, visible, choque. Il faut en parler et c’est ce que nous ferons », indique Grégor Püppinck, directeur du Centre Européen pour le Droit et la Justice. Pas de chantournements précieux du champ lexical de la « gestation pour autrui ». C’est une « exploitation de la femme, un trafic d’enfant, la fin de la maternité », souligne Ludovine de la Rochère, Présidente de la Manif Pour Tous. Cette location d’un utérus n’est ni plus ni moins qu’une violation de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant[4]. Dénoncer les exactions des plannings familiaux (Planned Parenthood, IPPF) procédant à la mise en marché de l’embryon, ou toute autre officine faisant la promotion de ce type de pratiques esclavagistes peut être dénoncée simplement : aux Etats-Unis, des investigations journalistiques ont permis de faire éclater les dérives du Planned Parenthood[5]…

 

3° Défendre la vie à l’échelle législative

« La raison d’être de la politique, c’est la défense du plus faible », explique Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines. De fait : à l’échelle parlementaire, la défense de la vie peut être opérée. L’eurodéputé Miroslav Mikolasik indique ainsi que la rédaction d’amendements, notamment en regard de la progression de la GPA, ouvre la voie de la contestation. A l’Europe, le Président du groupe de travail du PPE sur la bioéthique et la dignité humaine a demandé la prohibition de la GPA… Des questions, quant au financement européen d’officines suspectes de contribuer à sa promotion, peuvent être soulevées. A cet égard, le groupe du député a déposé une question orale à la Commission : « la Commission a-t-elle financé IPPF en Europe ? Les contribuables participent-ils à son financement indirectement ? », a-t-il interrogé, tout en demandant au siège si l’Union Européenne souhaitait mettre fin aux financements d’une telle organisation. L’arrêt des subventions d’Etat aux officines militantes : un souhait partagé par Jeffrey Ventrella, avocat et vice-président d’Alliance Defending Freedom, qui souligne qu’il serait nécessaire d’appeler l’État américain à subventionner un planning familial démontré coupable d’exaction…

 

En termes de crédibilité, One of Us ne fait pas pâlir : juristes, députés, avocats, magistrats, … Ils sont nombreux à avoir rejoint ce mouvement pour la défense de la vie. Une initiative en ligne, où des experts (médecins, membres du corps médicale) pourront déposer leur témoignage, a d’ailleurs été mise en ligne par la fédération à l’issue du congrès. A l’heure où « nous voyons réapparaître ce contresens absolu de vouloir vaincre la maladie en supprimant le malade, […] où la médecine devient folle [dès lors qu’elle] s’attaque au patient au lieu de lutter contre la maladie », la justesse de propos du professeur Jérôme Lejeune rappelle le bon sens d’une initiative à laquelle on souhaite un avenir radieux.

 

 

[1] Ces chiffres, issus de Leonetti lui-même, ont été annoncés par Maître Triomphe, avocat de Vincent Lambert, à l’issue du forum.

[2] Geneviève Verdet, Directrice des AFC.

[3] « Nous avons mis au point dans les écoles un programme valorisant les relations entre les hommes et les femmes, la protection de la famille, de la dignité humaine. Nous devons apprendre ces valeurs aux enfants. », explique le Ministre de la Famille.

[4] Gian-Luigi Gigli, Président du Movimiento per la Vita, député italien, ancien médecin.

[5] http://www.centerformedicalprogress.org/cmp/investigative-footage/

aloysia biessy