Hollande

Le 5 janvier, François Hollande a répondu pendant deux heures aux questions des journalistes de France Inter puis dans un deuxième temps aux questions de Français. Deux heures durant à l’antenne sans réelle annonce, il a défendu son bilan et son mandat. Une réelle opération de communication.

Suite à deux discours assez creux (un discours sur l’immigration et les vœux aux Français), François Hollande s’inscrit avec cette intervention dans une nouvelle phase. Conforté par une augmentation de sa côte de popularité sur la fin d’année, (de 1 à 5 points selon les sondages), il s’est  projeté vers 2017.  Désormais il n’exclut plus de se présenter à l’élection présidentielle de 2017. Dès lors ce qui importe n’est plus la France et les Français mais sa réélection. Disparu le « Moi Président de la République, je serai le président de tous les Français », place au président de gauche, par la gauche et pour la gauche.

Cette intervention était donc une opération de communication pour la reconquête de son électorat traditionnel, ou l’on a surtout entendu parler de bilan de gauche, de « loi de gauche » et de « réformes de gauche »

Trois points majeurs dans son intervention de deux heures sont à retenir : un point sur la situation économique du pays, un sur la loi Macron et un sur la fin de vie.

 

La situation économique du pays

Nouvelle stratégie ; le Président déjoue pour la première fois la carte de la franchise avec les Français et admet que le chômage continuera d’augmenter en 2015 et que la croissance ne repartira pas fortement. Se présentant comme assumant ses faiblesses, le Président admet sa responsabilité pour partie dans l’échec de la lutte contre le chômage : «La réponse est oui, je suis Président. Je ne vais pas dire c’est la faute de l’étranger, de la crise, de la conjoncture économique ».

 

Pour lui, le chômage ne peut pas baisser « tant que la croissance reste inférieure à 1%, » compte tenu de la progression de la population active. « Je pensais pouvoir y répondre. La réponse a été fournie : tant que la croissance reste inférieure à 1%, nous avons 800 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année sans que les départs à la retraite soient suffisants, tant que nous avons cette situation, les demandeurs d’emploi seront plus nombreux. Nous devons créer de l’emploi ».

 

Il promet de faire son possible pour « que la croissance soit la plus haute possible ». Les solutions notamment pour faire repartir la croissance qu’il apporte sont le pacte de responsabilité et les emplois d’avenir : « Une grande partie du pacte de responsabilité entre en vigueur début janvier. Il faut faire que tout cela puisse marcher avant la fin du quinquennat, et même le plus tôt possible. Je vais continuer. »

 

C’est la première fois que François Hollande ne se fixe pas de date de l’inversion de la courbe du chômage. Il a répété son « engagement de ne pas créer de nouveaux impôts à partir de 2015 » et s’en remet principalement à la loi Macron.

  

La loi Macron

La loi Macron est la grande réforme de l’année imposée par l’Union européenne pour répondre aux exigences de Bruxelles. Pour le Président c’est une « loi de liberté et de progrès », donc «  une loi de gauche » pour tous les Français.

Cette loi prévoit notamment :

-de libéraliser le transport par autocar,

-pour les sociétés d’autoroutes « de renforcer la régulation en faveur de l’usager et de l’investissement productif »,

-la modernisation des professions libérales avec notamment la simplification des conditions d’installation,

-la professionnalisation des prud’hommes,

-la facilitation du travail le dimanche et le soir,

-la simplification de l’actionnariat salarié jugé «Trop cher» et «trop complexe»,

-de favoriser l’épargne salariale

 

Pour le Président « La loi Macron, c’est tout ce qui peut stimuler l’activité. Il y a suffisamment de contraintes, de freins, qui empêchent qu’on tire bénéfice des atouts des Français. Tout ce qui a trait à la concurrence, souvent faussée dans notre pays »

François Hollande a défendu la Loi Macron. Il s’est notamment arrêté sur le volet des autocars. Il défend la libéralisation des lignes d’autocars en mettant en avant le pouvoir d’achat, le principe de libre concurrence et la simplification de certains trajets grâce à l’autocar. Cette libéralisation pourrait créer des milliers d’emplois.

Il l’admet tout de même, ce n’est « pas la loi du siècle ».

 

Quant au travail du dimanche il a minimisé les conséquences de la loi qui n’ouvrait ce droit que 12 dimanche sur 52 dans l’année.

 

Le Président et la fin de vie

Concernant la fin de vie, François Hollande déclare que « nous ne pouvons pas en rester à la loi actuelle ». Il défend la nécessité de « deux avancées » : « Toute personne pourra d’abord émettre des directives à tout moment pour dire ce qui doit être fait si elle doit subir des traitements insupportables » et « s’il n’y a pas de directive anticipée, il sera possible, à certaines conditions, de faire entrer le malade en sédation profonde ». Ce sont donc les conclusions du rapport et de la PPL Clayes-Leonetti qu’il approuve. Il se déclare en effet favorable à la sédation profonde.

 

Par cette prise de position il reste dans  un consensus mou et hypocrite qui ne satisfait officiellement personne, acceptant l’euthanasie mais sans la nommer.

 

 

 

 

 

 

 

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