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En plein week-end pascal, Danil Boubakeur, président du CFCM a fait une déclaration fracassante lors du congrès de l’UOIF. Celui-ci a réclamé le doublement du nombre de mosquées en France d’ici deux ans, souhaitant les faire passer de 2200 à 4400. Véritable déclaration politique lors d’un congrès sulfureux, cette déclaration a suscité diverses réactions. La construction d’une mosquée toutes les huit heures sans informations sur l’origine du financement ne semble pas souhaitable en France alors qu’un gel des constructions semble nécessaire tant que la provenance des fonds ne sera pas éclaircie.

 

Les demandes du CFCM et de l’UOIF :

Samedi, lors du 32e rassemblement annuel des musulmans de France, organisé par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), organisation proche des Frères musulmans, au Bourget, Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a fait une déclaration fracassante et provocante.

Celui-ci a déclaré que pour les «7 millions de musulmans» de France, les mosquées actuelles «ne suffisent pas», et a réclamé le doublement en deux ans du nombre de mosquées disponibles. Le territoire français comptant actuellement 2200 mosquées il estime donc  avoir besoin de 4400 lieux de culte. (soit trois mosquées par jours et une toutes les huit heures).  Son prédécesseur au CFCM, Mohammed Moussaoui, recommandait en 2011 «un doublement de la surface» réservée aux lieux de prières.

Il a également insisté sur la formation des imams et dit espérer aboutir bientôt à un accord avec « certaines universités parisiennes » pour le volet non-religieux de cette formation. Ces cours auraient pour objectif « de transmettre des connaissances de la France, de la loi, des traditions françaises à nos imams, pour qu’ils aient une formation complète, religieuse et républicaine ».

La présence  de Danil Boubaker à ce congrès concrétise le rapprochement entre le CFCM et l’UOIF, des instances longtemps rivales et symbolise l’unité de la communauté musulmane. Amar Lasfar, Président de l’UOIF, a déclaré qu’il y avait «7 millions de musulmans en France» et qu’il «fallait des mosquées spacieuses, des mosquées cathédrales».

 

Les dangers de la construction de mosquées :

S’il semble naturel que les fidèles musulmans puissent prier dans des lieux de culte salubres et digne, le doublement du nombre de mosquées semble plus être une déclaration politique qu’une demande raisonnable. La France a déjà fait de gros efforts avec la construction de près de 1000 mosquées depuis 2000.

La loi de séparation des Eglises et de l’Etat fait que l’Etat ne finance pas en principe l’édification de lieux de culte qui dépendent de la générosité des fidèles, d’ONG ou de nations étrangères. Dans le cas des mosquées les fidèles ne suffisent pas à financer la construction. Dans de nombreux cas celles-ci sont financées par des fonds étrangers. Les fédérations liées aux pays d’origine des musulmans de France – Maroc, Algérie, Tunisie et Turquie financent ces moquées et font une course aux mètres carrés  afin de gagner en influence. Elles peuvent être amenées à gérer des lieux de culte et à en rémunérer les imams qui pour certains proviennent directement de ces pays.

La construction de nouvelles mosquées était au centre d’un rapport rendu mi-mars par le sénateur UDI de l’Eure Hervé Maurey. Celui-ci suggérait que les maîtres d’ouvrages aient l’obligation de fournir un plan de financement certifié par un commissaire aux comptes pour assurer la transparence». Autre recommandation clé: «définir explicitement par décret en Conseil d’État, les types de dépenses municipales pouvant relever du culturel et du cultuel». En effet, la partie culturelle d’un édifice cultuel peut recevoir des subventions.

Ce financement étranger et la construction de nouvelles mosquées, ne semblent pas souhaitables pour des questions de sécurité. Tant que la formation et la provenance des Imams n’est pas contrôlée toute multiplication des mosquées représente un danger.

Pour Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice : « Tant que l’islam n’est pas structuré en France, tant qu’il n’est pas capable de former et de contrôler ses imams, tant qu’il n’y a pas ces garanties, il faut cesser de construire des mosquées au nom du principe de précaution ».

C’est également la position du Front national qui veut « geler la construction de lieux de cultes musulmans ». Le député européen Florian Philippot a réclamé une enquête de l’Inspection générale de l’Administration et de l’Inspection générale des Finances sur les sources de financement des mosquées. Il estime qu’on ne luttera pas efficacement contre le djihadisme  « si on ne lutte pas contre les lieux de radicalisation, si on ne renvoie pas chez eux les imams étrangers radicaux –or la plupart des imams en France sont étrangers, de nationalité étrangère– et si on ne regarde pas les financements ». « Il faut maintenant décider un gel immédiat de la construction des mosquées parce que, s’il est vrai que toutes les mosquées ne sont pas des lieux de radicalisation, 100% des lieux de radicalisation sont des mosquées”, a-t-il poursuivi. « Et je crois qu’il faut maintenant vérifier tous les financements, notamment étrangers, de la part de pays qui financent l’islamisme, comme le Qatar ou l’Arabie saoudite ».

S’il peut y avoir des problèmes de places dans les salles de prière, les prières de rue, semblent  relever d’un mouvement politico-religieux par volonté de se montrer et de faire pression sur la République. La déclaration du président de l’UOIF qui veut des mosquées cathédrales (avec minarets) entend mettre en place un rapport de force avec la République puisque sa vision de l’islam est politique.

N’en déplaise à Thomas Guénolé, les racines de la France sont chrétiennes. « Même sous la pression démographique, la France n’a pas vocation à construire une mosquée dans chacune de ses villes et chacun de ses villages. » C’est ce que déclare Lydia Guirous Secrétaire nationale UMP en charge des Valeurs de la République et de la Laïcité.

 

Une refonte nécessaire du CFCM :

Mis en place sous Nicolas Sarkozy le Conseil français du culte musulman montre ses limites. Dans une religion sans clergé il cherchait à fédérer les différentes obédiences résultant des pays d’origines. La « règle du mètre carré » a au contraire poussé chaque obédience à vouloir accroître la surface de ses salles de prières pour d’augmenter sa puissance. Une refonte de ce conseil qui montre ses limites semble nécessaire.

 

La déclaration de Dalil Boubaker est donc éminemment politique. Toutefois l’Etat se doit de geler toute construction de mosquées tant que la provenance des fonds et des imams ne sera pas clairement établie et contrôlée afin d’éviter un financement et un contrôle des moquées par des groupes islamistes radicaux.

Un récent sondage IFOP a révélé que 45 % des Français seraient  pour l’arrêt de la construction de mosquées lorsque seuls 37% y sont favorables à de nouvelles moquées.

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Rédacteur Web