Prenant pour prétexte la tentative espagnole de restreindre  le recours à l’avortement les chefs de tous les groupes parlementaires à l’Assemblée nationale ont déposé une proposition de résolution « visant à réaffirmer le droit fondamental à l’Interruption Volontaire de Grossesse en France et en Europe, et ce quelques mois après avoir supprimé la notion de détresse. Retour sur les 40 années de cette loi en France.

Rappel historique de la législation :

Le 17 janvier 1975 la loi Veil légalise l’avortement en France jusqu’à la dixième semaine de grossesse. Elle stipule que seule une femme en situation de détresse peut demander l’avortement, que l’avortement ne peut être pratiqué que par un médecin, dans un centre d’hospitalisation. Le médecin a en plus le devoir d’informer des risques, de la gravité de l’action et doit rappeler l’article 1er de la loi Veil : « la loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu’en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi ». Le médecin a également l’obligation de faire part à sa patiente des différentes autres possibilités (adoption..), des aides qui lui sont offertes, ainsi que des associations pouvant apporter une « aide morale ou matérielle ». En 1979, cette loi est reconduite et définitivement adoptée avec la loi Pelletier.

Durant les années suivantes, différentes lois vont élargir et banaliser l’avortement en France, au nom de la liberté de la femme et du « droit de disposer de son propre corps ». En 1982 cet acte devient remboursé par la sécurité sociale par la loi Roudy, puis en 1990, l’IVG médicamenteuse est autorisée en milieu hospitalier. Trois ans plus tard, la loi Neiertz crée le délit d’entrave à l’IVG. En 2001, le délai légal pour avorter passe de dix à douze semaines, et les mineures acquièrent le droit d’avorter sans autorisation parentale mais elles doivent toutefois être accompagnées par un adulte référent. Enfin, en 2013 l’IVG est remboursé à 100% pour toutes les femmes.

La situation actuelle :

Alors qu’en France le taux de diffusion de la contraception est l’un des plus élevés d’Europe, le nombre d’IVG, lui n’a pas diminué et augmente même dans certaines tranches d’âges. Selon l’INED le nombre d’avortements était estimé en 2010 à 206 000 et évoluait très peu depuis 2000. Leurs statistiques montrent qu’actuellement en France, il y a 26 à 27 avortements pour 100 naissances, ce qui signifie qu’un enfant sur quatre est volontairement éliminé. La moyenne du nombre d’avortement par femme était de 0.53 en 2010. Les avortements ont connus une petite diminution depuis 1976 (246 000 avortements auraient eu lieu cette année là), mais une grande augmentation chez les mineures. En effet, 13.500 filles de moins de 18 ans ont eu recours à l’IVG en 2009 contre 11.000 en 2002. Malgré le harcèlement contraceptif chez les mineures : interventions dans les lycées, infirmeries scolaires distribuant des tracts, pass contraception mis en place en Ile de France… cette publicité de la contraception n’a pas eu comme effet de diminuer les avortements mais au contraire de les augmenter.

Le ministère du Droit des femmes a révélé en 2013 qu’une femme sur trois avait recours à l’IVG. Cependant, ces données ne prennent pas en compte la période pour laquelle une femme est en âge de féconder (car un avortement ne peut avoir lieu que sur une femme en âge de féconder) mais l’espérance de vie des femmes, ce qui fausse les données. En réalité une femme sur huit « seulement » a recours à un avortement dans sa vie.

Selon une étude de l’INED, le nombre d’avortements varie en fonction des tranches d’âges et du statut de la femme. En effet, les femmes mariées ou séparées avortent globalement bien moins souvent que celles qui sont non mariées (vivant éventuellement en couple). Mais dans la catégorie des 40-49 ans, le recours à l’avortement est le même, que les femmes soient mariées ou non.

Les jeunes filles ont un taux d’avortement extrêmement élevé, lorsqu’elles ne sont pas mariées (c’est à dire pour la majorité d’entre elles).

L’institut de politique familiale (IPF) dans son rapport pour la famille présenté au Parlement européen en mai 2006 souligne que la France est l’un des cinq pays de l’Union européenne où l’on avorte le plus :« On peut estimer pour chaque année que sont commis entre 207 000 avortements (chiffres INED pour l’année 2002) et 210 664 avortements (chiffres SAE pour l’année 2004) ce qui veut dire que toutes les 2,5 minutes se produit un avortement en France », soit 576 avortements par jour.

Le communiqué conclut ainsi : « Cela fait de l’avortement, avec le cancer, la première cause de mortalité en Europe bien au delà des autres causes de mortalité « externes » tels que les suicides, les accidents de la route, la drogue, l’alcool, le sida, etc, ainsi que des décès par maladie », dévoilant bien que ce qu’une grande partie des femmes revendique comme un droit est bel et bien un acte privant la naissance d’une vie humaine.

Une banalisation cachant la souffrance :

Le cumul des lois rendant l’avortement de plus en plus facile et accessible à toutes a donné lieu à un avortement (pudiquement évoquée comme IVG) vu comme un acte banal et sans conséquences. Ceci est accentué par le manque d’alternatives proposées aux femmes enceintes, le manque de renseignements notamment sur les conséquences de l’avortement chez la femme. Bien souvent il y a une pression dans l’entourage d’une femme enceinte pour qu’elle avorte : pression des médecins, du planning familial… ils évoquent toutes les modalités pratiques, la simplicité de l’avortement, mais oublient les conséquences psychiques : sentiment de culpabilité, troubles du sommeil, mal être, émotions contradictoires, dépression…que les femmes découvrent seulement après l’acte. Souvent, les femmes passent sous silence leurs souffrances liées à un avortement car elles ignorent que les femmes partageant leur condition ont eu les mêmes réactions qu’elles.

Une étude sociologique aux Etats-Unis faite par Thomas Strahan dévoile que l’avortement loin d’émanciper les femmes et de leur permettre un contrôle de leur vie les rend au contraire dépendantes à toutes sortes de choses et réduit leur épanouissement. Cette étude montre que les femmes ayant avorté présentent plus de risque de souffrir de problèmes émotionnels et psychologiques qui peuvent les gêner pour prendre de bonnes décisions et interagir avec les autres, réduisant ainsi leur niveau de compétences professionnelles. 

Les études montrent que paradoxalement les femmes sont plus susceptibles d’être à nouveau enceintes et d’avoir à nouveau recours à l’IVG, car ayant avorté, elles désirent souvent un bébé pour « remplacer » l’enfant disparu et se trouvent confrontées aux mêmes pressions sociales qui ont conduit au premier avortement.

 

Des organisations existent pour aider les femmes souhaitant garder leurs enfants ou guérir d’un tel traumatisme mais les médecins, infirmières scolaires ne proposent la plupart du temps qu’une IVG.

Le seul recourt proposé par les membres des services médicaux pour une femme enceinte ne désirant pas d’enfant est donc l’avortement, cette politique est en plus encouragée par le gouvernement actuel et notamment Najat Vallaud-Belkacem qui ne prend en compte ni les traumatismes post-avortement ni la vie de l’enfant en jeu, en proposant par son projet de loi Egalité Hommes-Femmes de supprimer les sites anti-IVG qui relayent selon elle de fausses informations. En faire un « droit fondamental » interdira définitivement toute information proposant des alternatives.

 

 

 

 

France Renaissance

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