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Face à la crise migratoire, le rôle inégal que jouent les différents pays membres de l’Union Européenne et de l’espace Schengen fait réagir Bruxelles. Le projecteur est notamment dirigé sur la Grèce et l’Italie. La Commission Européenne engage les deux nations à s’investir davantage pour gérer au mieux cette crise. L’Allemagne, la Turquie (qui ne fait pas partie de l’Europe) ont également été ciblées par la commission.

Dimitri Avramopoulos estime important que la gestion de cette crise soit dynamisée ; les zones tendues devraient être fluidifiés, et la procédure d’accueil accélérée.

Il apparaît très clair, selon le commissaire en charge de la politique migratoire, que les personnes arrivant en Europe et ayant besoin de protection l’obtiendront ; mais elles ne peuvent, ni ne doivent, décider du lieu où elles seront envoyées pour bénéficier du droit d’asile. Les personnes ne nécessitant pas de protection seront quand à elles renvoyées de là d’ou elles viennent. Mesure d’apparence simple et efficace mais dont l’efficience dans les faits est loin d’être établie.

La commission européenne reconnaît malgré tous les efforts concédés par la Grèce dans cette crise au cours des derniers mois. Elle prend notamment des précautions avec un pays fragile économiquement. Jean Claude Juncker, le président de la commission Européenne, a affirmé devant le parlement européen avoir tout fait pour éviter que la Grèce ne quitte pas la zone Euro et ne permettra pas que celle ci quitte l’espace Schengen.

Un statut spécial a été accordé à l’occasion de cette crise à certains pays « limitrophes ». Les états de l’Union Européenne sont ainsi « autorisés » à apporter une aide à certains pays de la bordure extérieur de l’Union Européenne touchés par la crise migratoire. C’est le cas par exemple de la Macédoine ou des milliers de migrants attendent à la frontière avec la Grèce.

La commission s’intéresse également à l’Italie dont les efforts pour traiter la crise sont considérés trop modestes. Mais d’autres pays font également l’objet de l’attention particulière de la commission qui a décidé le Mercredi 10 Février 2016 d’intenter une action en justice contre plusieurs nations n’ayant pas respecté la législation concernant la mise en œuvre de la police migratoire. Une telle action concernerait notamment la France, connue pour être la mauvaise élève de l’Union Européenne – et qui ne se retient pas pour autant dans ses sanctions, mais également l’Allemagne, l’Estonie, la Grèce, l’Italie, la Slovénie et la Lettonie. Ces actions en justice auraient pour objectif de réduire les mouvements d’immigrés entre les pays au sein même de l’Union Européenne.

 

Entraînée dans une spirale sentencieuse la commission s’en prend également à la Turquie, manœuvre désespérée pour masquer son manque de contrôle sur un problème qu’une idéologie « européiste » ne saurait contrôler, eu égard à sa nature même et nonobstant une apparente bonne volonté cosmopolite. Elle enjoint la Turquie à faire en sorte de réduire l’afflux massif d’immigrés clandestins partant de son territoire et cherchant à rejoindre l’Union Européenne. La Turquie a déjà pris des mesures, notamment la nécessaire obtention d’un visa pour les arrivants de Syrie, mesure qui a déjà réduit de manière conséquente l’arrivée de migrants syriens.

Le comportement de la Turquie pendant cette crise a mis à bas toutes négociations concernant une possible adhésion à l’Union Européenne. Peut être la Turquie n’a t elle pas renoncé à l’idée, mais ce dont on ne peut douter, c’est qu’elle n’a que faire des réprimandes et recommandations européennes.

 

La commission européenne cherche ainsi à rétablir un équilibre entre les pays européen pour faire face à cette crise. L’Allemagne, l’Autriche, la Turquie etc. sont sommés de tenir leurs engagements afin de compenser les difficultés que pourraient connaître d’autres nations comme la Grèce. L’idée est séduisante, mais c’est n’est qu’une idée. La solidarité entre les pays européens ne va pas aussi loin, preuve en est des sanctions que la commission a jugé nécessaire de réclamer contre quelques nations accusées d’enfreindre la législation relative à la politique migratoire.

 

Source : Politico, EU pushes Greece and Italy to do more on migrants, 11 février 2016

aloysia biessy