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Entretenant des rapports privilégiés avec la France, le Gabon se trouve à un tournant de son Histoire : nombreux sont les enjeux dont le pays doit tenir compte. Le Chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, souhaite inscrire son pays dans une dynamique de mutation, qui passera en premier lieu par une transformation de l’économie – prise d’indépendance vis-à-vis des hydrocarbures.

« Faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025 » : la perspective à laquelle tend le gouvernement d’Ali Bongo Ondimba est ambitieuse. Cette volonté ne pourra être appliquée que par l’intermédiaire d’une transformation structurelle de l’économie nationale, une industrialisation de son secteur agricole, une ample réforme sur le travail des jeunes.

  • Le redressement gabonais : les volets d’action du gouvernement

Les chantiers de l’émergence reposent sur trois piliers majeurs : l’industrialisation du Gabon, la préservation de l’environnement qu’il doit exercer en son sein et le développement de ses services (financiers, d’information, enseignement supérieur ou santé). Pour l’heure, le Président de la République Gabonaise s’avoue satisfait. Taux d’éducation de 96% et parité fille-garçon acquise, baisse de la mortalité maternelle et infantile conjointe à la réduction de la progression du SIDA, établissement d’un système de santé (assurance maladie universelle et acquisition des minimas sociaux), nouveau programme agricole visant à l’industrialisation du secteur[1], … : tant de domaines qui permettent à Ali Bongo de faire preuve d’optimisme pour le développement de son pays. De même, le Premier Ministre de la République juge la situation encourageante : car cette nette amélioration de l’environnement gabonais global a permis de placer le pays en 9ème place (des pays d’Afrique) dans le classement Doing Business de la Banque mondiale. Le pays est ainsi devenu « l’une des cinq économies africaines les plus performantes [et a connu] une croissance économique de 6% en moyenne entre 2010 et 2013 ».

  • Lutter contre la pauvreté latente

Une telle émergence rend la pauvreté paradoxale…Si le gouvernement a mis en place un pacte social en place pour sa réduction, les chiffres sont pourtant alarmants. Car malgré un PIB par habitant élevé, 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et le chômage est haut – touchant un Gabonais sur cinq, un jeune sur trois. Par ailleurs, certaines zones rurales restent particulièrement en marge du paysage gabonais : ainsi, le taux d’accès à l’électricité ne dépasse par les 50% en zone rurale (contre 85% en ville) et l’accès à l’eau reste limité. Le gouvernement indique s’être employé à installer des réseaux électriques et hydrauliques plus performants. Il envisage également de développer l’accès à Internet pour développer le commerce.

  • Un parlement mobilisé pour la décentralisation

Cette lutte contre la pauvreté d’ailleurs comme une priorité de Lucie Milebou Aubusson, la Présidente du Sénat. Cette dernière insiste également sur la vocation du Parlement à se porter en faveur de la décentralisation – menée dans le cadre de la mise en application de la loi organique relative, promulguée en 2010. L’enjeu ? Impliquer les collectivités locales dans les secteurs prioritaires (santé, éducation, …). Autre priorité majeure à l’échelle parlementaire : promouvoir les dispositions législatives à l’égard de la protection de la femme (lutte contre les violences faites aux femmes, exigences de l’égalité homme-femme,…) et de la famille (création de centre de protection maternelle, de crèches,…).

Conclusion

De telles mises en œuvre exigent un engagement politique reposant sur la stabilité : « maintenir sur son sol sa main d’œuvre » et « donner du travail aux jeunes » (soit près de 60% de la population) constituent des axes prioritaires de l’action présidentielle. Celle-ci vise également la diversification de son économie, par la promotion du tourisme, de l’artisanat, des services.

Une mise en œuvre nécessite une surveillance accrue à l’égard de la corruption : dans ce cadre, le Président souligne l’importance de la mise en place d’instruments institutionnels efficaces pour affirmer la transparence – juridiction spéciale chargée de la délinquance économique et financière et des grands trafics. « Le continent africain ne doit plus être uniquement considéré comme pourvoyeur de matières premières et de main d’œuvre qualifiée », indique le Président.

 

 

Source : Le Journal du Parlement, La République Gabonaise, Le Gabon émergent en action vers un avenir en confiance, journal du Parlement, mars 2016, p.5-15.

 

[1] Le Président indique ainsi vouloir développer près de 200 000 hectares de terres ; une aspiration qui susciterait la création de 20 000 emplois dans ce secteur. Dans ce cadre, on souligne l’efficacité de la nouvelle usine de transformation d’huile de palme durable d’Awala, qui a engendré la création de 800 emplois dans cette filière agricole à vocation exportatrice.

aloysia biessy