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Un an après les attentats de janvier 2015, Lydia Guirous, publie un Je suis Marianne révélateur. Selon l’ancienne porte-parole des Républicains, c’est bien la République qui a été frappée en plein cœur ce jour-là. Quoiqu’elle reste un membre du bureau politique, cette « marianniste » fervente a perdu son titre depuis… La cause ? Des positions arrêtées, une parole trop « virulente ». Et de fait, comment Nicolas Sarkozy, qui avait plébiscité la nomination de la jeune femme à ce poste, pouvait-il tolérer celle pour qui « La discrimination positive n’est rien d’autre qu’un néo-colonialisme dégénéré ? »

Pour Lydia Guirous, la seule réponse est à la primauté du système républicain. Je suis Marianne est avant tout le plaidoyer d’une laïcité chérie, inscrite dans une République érigée en absolu. « La République est un combat de tous les jours. Jamais nous ne renoncerons à nos valeurs » ; « La République est le privilège de tous, mère aimante et protectrice des plus faibles ». Une véritable histoire d’amour.

Laïcité chevillée au corps, Guirous s’élève contre le voile à l’école, les menus de substitutions, les mères de famille voilées,… L’islamophobie ? Un « artéfact » qu’on préfère élaborer au lieu de défendre la laïcité ; un « faux problème » confiné dans un « registre sémantique assez pauvre », où surgit une propension à la victimisation pénible. « L’islamophobie a vocation à enfermer les musulmans de France dans leur identité qui ne serait que religieuse, les exclure de la communauté nationale pour en faire des sujets aux ordres de l’islamisme ».

Rejet du communautarisme, défense chevronnée  de la laïcité, plébiscite d’une République estimée comme l’ultime réponse ; tant d’objectifs dont certains volets se rapprochent du programme de … Marine Le Pen. Dans son programme de 2012, « imposer la laïcité républicaine face aux revendications politico-religieuses [1]» constituait le onzième point des revendications essentielles du Front National. De même, le mouvement rejetait alors toute forme de communautarisme et souhaitait inscrire au sein de la Constitution que « La République ne reconnaît aucune communauté »[2]. Pourtant, l’épilogue de Je suis Marianne laisse peu de place au doute : un tel rapprochement est impossible. Car Lydia Guirous le signe bien, à la fin de son ouvrage : « Je suis Marianne et je n’ai qu’un seul ennemi, le FN »…

[1] Essentiel du programme de Marine Le Pen, projet de 2012, http://www.frontnational.com/pdf/projet_mlp2012.pdf, p.16.

[2] Essentiel du programme de Marine Le Pen, projet de 2012, http://www.frontnational.com/pdf/projet_mlp2012.pdf, p.7.

 

Lydia Guirous, #Je Suis Marianne, Grasset, 2016.

aloysia biessy