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Les racines de l’immigration

Depuis la révolution de 1789, la population française n’a cessé de chuter. Alors dotée de la démographie la plus imposante depuis des siècles, la France s’est dépassée à partir de la fin du XVIIème siècle par la natalité galopante du Royaume-Unis et de l’Allemagne. D’où la naissance de sa politique d’immigration, dès la première moitié du XIXème siècle, phénomène récent dans un pays qui a vu son substrat ethnique définitivement fixé dès le Xème siècle. Les premières vagues d’immigration italienne, polonaise et espagnole furent vites intégrées et assimilées. Au prix cependant d’une certaine dissolution des identités régionales dans les principaux foyers (Provence, Occitanie, Pays Basque…).

La problématique s’est aggravée : flux massifs d’immigration, combinés au vieillissement de la population française et européenne (plus de 50% de la population à l’horizon 2025), baisse dramatique de sa natalité,… : il importe dorénavant de discerner les causes et conséquences de cet état de fait, de décrypter la situation afin d’y apporter des ébauches de solutions.

La problématique de l’immigration n’est pas apparue à la faveur de la guerre civile syrienne ou bien des révolutions – dit « Printemps »- des nations arabes. En revanche il s’agit, au mieux, d’une surinfection de la plaie voire, à moyen terme, l’origine d’un phénomène structurel de très grande ampleur. On assiste à une prolifération de la démographie dans les pays du Sud depuis cinquante ans, à laquelle s’adjoint une dégradation de natalité progressive dans pays Occidentaux septentrionaux. En 1910, l’Europe, déjà en perte de vitesse, accusait dix millions de naissance pars an et un quart de la population mondiale. En 2000, cette part ne représente plus que six millions (soit un vingtième de l’accroissement mondial) pour 10% de la population mondiale[1].

La France semble moins touchée, avec 2,1% d’enfant conçu par femme, chiffre en grande partie redevable à la natalité des populations extra-européennes déjà présentes sur le territoire national. Par ailleurs, L’Europe accueillait dans les années 2000 près d’1.6 millions d’immigrés par an – première région du monde en termes d’immigration selon l’OCDE, émigration clandestine comprise- pour un solde de natalité de 400 000 individus. Autrement dit, trois individus sur quatre nouvellement arrivés sur le continent étaient d’origine extra-européenne.

Avec un enfant européen sur quatre avorté chaque année (254 pour 1000 naissances en France)[2], les conclusions sont vite tirées. En 2030, dans l’hypothèse où d’un solde migratoire nul, 15% de la population française sera d’origine extra-européenne – soit 30% des naissances[3]. La part de Français de souche sera de fait minoritaire au XXIIème siècle.

 

La politique migratoire de l’Union Européenne

 

Submergée depuis quelques mois par l’immigration massive de réfugiés politiques et d’immigrés économique, l’Europe est débordée et ses dirigeants incapables de gérer les flux migratoires. Aucune mesure concrète ne semble être prise. En septembre 2015, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, demande la répartition de 160 000 réfugiés dans les pays de l’Union Européenne. Mesure dérisoire, dénuée de tout sens en considération du million d’immigrés déjà présents en Allemagne… Sans compter les quatre millions se pressant aux portes de l’Europe, situation encouragée par l’appel d’air créé par Angela Merkel. Car la chancelière allemande a fait volte-face, comme beaucoup de ses partenaires européens, qui rétablissent enfin le contrôle des frontières. Mesure symbolique s’il en est : les services frontaliers ne peuvent se reconstituer de manière efficace en si peu de temps… Seule la Hongrie semble réellement respecter les accords de Schengen depuis l’origine, en assurant la surveillance des frontières de l’Union par l’établissement d’une barrière de 170 kilomètres sur sa frontière avec la Serbie.

 

Or beaucoup de dirigeants voient dans cette crise un événement conjoncturel, corrélé à la  guerre civile syrienne. Pourtant, tous les signes s’accordent pour démontrer qu’il s’agit d’un phénomène structurel[4]. La crise migratoire semble être destructrice du mythe de la « mondialisation heureuse » et faire comprendre que le « sans-frontiérisme » fait des ravages[5]. La lecture biaisée des élites européennes contribue à enliser le problème. A commencer par le phénomène des « printemps arabes » : la majorité de la caste politico-médiatique y a perçu une « libération » des dictatures -qui y maintenaient l’ordre- sans même en lire les véritables causes et jauger le rôle qu’y jouèrent les véritables acteurs islamistes. La cause de ces révoltes ? Des pays n’ayant pu gérer leur spectaculaire explosion démographique depuis leur indépendance (emplois, services publics…)[6]. Les mêmes contestations sociales y réapparaissent d’ailleurs depuis quelques semaines. D’autre part, la chute des dirigeants de ces régimes, entraînant la multiplication de conflits sur l’Arc-de-crise (du Sahel au Caucase en passant par les pays du golfe), ont eu pour effet d’augmenter l’émigration de ces pays à destination de l’Europe[7]. Plus grave encore, les dernières digues contenant l’immigration subsaharienne ont disparu. L’Afrique compte un milliard d’habitants ? Entre 2010 et 2050, elle en comptera un milliard supplémentaire (représentant par là même 41% des naissances mondiales) quand l’Europe aura perdu 40 millions d’habitants. Le bouleversement géopolitique est majeur[8].

Les populations africaines, particulièrement jeunes, comportent un âge médian de 25 ans dans la plupart de ces pays – contre 38 ans en Europe. Du fait de la dissolution de l’Etat, des guerres quasi endémiques (38% des conflits mondiaux en 2003), tout comme les famines, risquent de provoquer un afflux migratoire massif dans les prochaines années, issu de l’Afrique[9] profonde. A titre d’exemple, Monsieur Hervé Juvin (consultant pour EuroGroup Consulting) rappelait que le Zimbabwe était quelques décennies auparavant considéré comme le grenier à blé, la corne d’abondance africaine. Pourtant, ce pays-là sombre à présent dans la famine. La jeunesse de ces nations, tout comme celle des pays arabes (la Harraga) ne rêvent que de s’installer en Europe, perçue comme un Eldorado. Aujourd’hui, les immigrés internationaux représentent 253 millions d’individus ; en 2050, ils seront un milliard. Aucune politique sérieuse n’est engagée. L’Europe doit engager des travaux de développement afin de fixer les populations dans leurs pays. Par ailleurs le monde occidental doit mettre en œuvre ses ressources technologiques, afin de procurer la quantité de nourriture suffisante pour alimenter les futures populations des pays en voie de développement. A l’heure actuelle, leurs moyens technologiques sont insuffisants. Par ailleurs les pays occidentaux, qui financent pourtant leur développement, s’accaparent une partie des terres arabes pour les besoins de leurs « bio-carburants » ou déversent leur excédents à très bas prix – voire gratuitement, asphyxiant totalement les petits paysans et producteurs ne pouvant suivre le rythme[10]. Sans compter que 75 % des terres cultivables sont accaparées pour les besoins du bétail afin de satisfaire le consumérisme des sociétés occidentales[11]. Les bouleversements climatiques à venir ne feront qu’entériner la situation.

 

Conclusion

 

Il est urgent pour l’Europe de prendre en compte cette menace. De plus en plus les populations européennes, se révoltent face à la subversion de ses élites qui encouragent l’immigration au nom d’un universalisme oublieux des origines de la « civilisation européenne », de toute forme de politique de puissance[12]. Mieux encore les élites politico-médiatiques, encouragent en grande partie cette émigration massive au nom de la compétitivité économique, conséquence directe des politiques néo-malthusiennes (avortement et contraception) dont elles sont pourtant les initiatrices. A aucun moment une politique de natalité ne semble avoir été envisagée. Face à ses bouleversements en profondeur, les sociétés européennes craignent une dislocation définitive de leurs tissus socio-culturels, voire des désordres sociaux pouvant engendrer des guerres civiles. Tant au plan démographique qu’en termes culturels, religieux,…, l’intégration et l’assimilation, ont échoué en Europe.

 

[1] CHAUPRADE Aymeric, Géopolitique, Paris, Ellipse, 2009.

[2] Op. cit.

[3] Op. cit.

[4] Revue parlementaire

[5] Hubert Védrine Figaro 19-20 Septembre 2015.

[6] Revue parlementaire

[7] BOULANGER Philippe, Géographie Militaire et Géostratégie, Armand Colin, 2015, Paris.

[8] Op., cit.

[9] Op., cit.

[10] Revue parlementaire, Claude Sicart, Une Europe submergée par les flux migratoires, quelles solutions ?

[11] Op., cit.

[12] Op., cit.

aloysia biessy