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France Renaissance a rencontré Luc le Garsmeur, co-directeur de rédaction des Cahiers de l’Indépendance.

 

1. Les Cahiers de l’Indépendance connaissent une renaissance. Pouvez-vous nous dire la genèse de cette revue trimestrielle ?

 

Dirigés par Paul Marie Coûteaux et le regretté Hervé Coutau-Bégarie, les Cahiers de l’Indépendance donnaient suite – à partir de 2007 – à la Lettre de l’Indépendance, un trimestriel, déjà. Mais leur première série a connu le sort de bien d’autres revues ; elle a cessé sa publication à la mort de l’un des directeurs de rédaction, au douzième numéro.

Or le besoin d’une revue des droites s’est fait sentir, notamment à la suite du mouvement civilisationnel de 2013. Les entraves à la libre concurrence et à la libre association entre les droites, issues d’un détestable esprit partisan, de préventions honteuses, de jugements à l’emporte-pièce et d’une inféodation générale – car culturelle – à la gauche, font sempiternellement perdre la tête à la droite conventionnelle et l’esprit au Front national. Sans amarres morales ni armature intellectuelle, les premiers s’enlisent dans le progressisme ou jouent les matamores de la sécurité nationale, cependant que les autres appellent de leurs vœux le retour de Jean Jaurès et Léon Blum. Ils ont en commun l’ignorance des traditions de droite – et, au sens plein, il n’est de tradition que de droite –, partant, des repères trop mouvants pour emporter une adhésion durable, réformer profondément ou encore entreprendre des actions pérennes. Le rideau de fer étant retombé à droite – après les espoirs suscités par la transmission du Front national –, il faut chercher hors partis les voies du redressement. L’une d’elles est la production intellectuelle, sans fuite ni complaisance, à l’égard de la politique. Les Cahiers ont donc repris leur publication en juillet 2015.

 

 

2. L’organisation de votre revue comporte des volets couvrant de larges aspects politiques et métapolitiques : « culture et civilisations », économie, recension d’ouvrages, politique, etc. Quel est le modus operandi d’une sélection couvrant un si vaste domaine ? À titre d’exemple, comment procédez-vous pour le choix de votre dossier thématique ?

 

Les Cahiers réunissent régulièrement leur comité de rédaction, qui opère le choix des thèmes et saisit les auteurs (près de trente par numéro !) de demandes de contributions, à la suite d’un important travail de veille. Paul Marie Coûteaux, directeur de publication, préside ce Comité, qui décide du titre du dossier, également celui du numéro (p. ex. n° 13 : « Classiques contre Modernes » et n° 14 : « Transmettre ou disparaître »). Victor Fouquet, les chefs de rubriques et moi-même recensons les contributeurs souhaités, prenons contact avec eux, relisons et mettons aux normes les textes.

Les Cahiers sont… indépendants. Mais s’ils se méfient des partis, ils ne refusent pas pour autant les moyens politiques. Nos rubriques dessinent un contre-gouvernement (« Politique intérieure », « Politique étrangère », « Économie », « Culture [et civilisations] »). « Nature et identités » ouvre quant à elle la possibilité de ce que l’écologie politique actuelle – parce que partielle et progressiste – ne pourra jamais réaliser : réenraciner les Français, les rendre à leur territoire, leur art de vivre et leur histoire. Outre le « Dossier » et la rubrique « Propaganda », citons encore les recensions d’essais récents et marquants, ainsi que les « prix de la Souveraineté et de la Servilité », respectivement décernés pour services et sévices rendus aux nations, et en premier lieu à la France.

 

 

3. Votre revue annonce se destiner à un public de droite – « repenser la droite, relever la France ». Le parti majoritaire estampillé de droite reste à ce jour « Les Républicains », groupe dont vous semblez souligner qu’il aurait abandonné le terrain du monde des idées. À quelle droite se destine donc votre publication ?

 

À toutes ! de l’Union des démocrates et indépendants et du Mouvement démocrate au Bloc identitaire, en passant effectivement par Les Républicains (qui, c’est vrai, ont une production intellectuelle très décevante si l’on considère le nombre de leurs troupes et leur culture de gouvernement), le Mouvement pour la France, le Rassemblement pour la France, la Ligue du Sud, le Front national, etc. Certaines de ces formations ne se disent peut-être pas – ou plus – de droite.Mais leurs électeurs n’en sont pas moins des gens de droite…

Nos lecteurs rejettent la conduite socialiste des intérêts de la France : soit l’administration des hommes, et la gestion des riens. Paupérisation et anomie au-dedans ; effacement et sectarisme au-dehors : le Gouvernement n’emploie que des outils intellectuels périmés, qui nous mettent en danger : laïcité, vivre-ensemble, impôt, dépense publique, Éducation, etc. La Revue se fait le porte-voix de préconisations visant à préparer le gouvernement d’après.

 

 

4. Alain Finkielkraut, Renaud Camus, Philippe Séguin, Denis Tillinac, Philippe Muray, Jean Christian Petitfils, Éric Zemmour, etc., sont autant de contributeurs ayant participé à l’élaboration des treize premiers numéros de votre publication. Si vos plumes, nombreuses, disposent de perspectives politiques convergentes, elles n’en sont pas pour autant unilatérales. Quel est l’objectif d’une telle sélection ?

 

Quintilien disait du genre littéraire de la satire : tota nostra est « elle est tout à nous », alors que ses traits se trouvaient déjà dans la poésie grecque antérieure. Ne soyons pas dupes des prétentions constantes de la gauche à la « diversité », qu’elle confond du reste avec la désunion et l’incohérence. Le simple fait de réunir dans la même enceinte, fût-elle imprimée, des auteurs d’un si grand talent est le signe que c’est la revue de la droite : quelle diversité y a-t-il encore parmi les invités des radios du service public ? Nous sommes « des nains juchés sur les épaules de géants », jugeait Bernard de Chartres… La France actuelle est pleine de nains qui s’ignorent tels.

 

 

5. Que nous réserve la prochaine parution des Cahiers de l’Indépendance ?

 

Le numéro 15 contiendra un dossier central « Relations internationales », essentiel en ce temps d’aggravation des troubles et des menaces. Avec notre trimestriel, nous avons le temps et la place pour déployer une réflexion approfondie, notamment sur les racines diplomatiques et intérieures de la vague d’attentats en cours en France, en Belgique et ailleurs. Cela vaut mieux que les clips antiracistes, les exercices de crues de la Seine et les visuels « Que faire en cas d’attaque terroriste ? ».

François Bayrou, Pascal Salin, Jean-Philippe Delsol, Olivier Hanne, Diana Johnstone, Albert Salon, Frédérique Chaumont, Jean Letourneur, Hadrien Desuin, Jean-Baptiste Noé, Alexandre Goodarzy, bien d’autres encore, figureront dans le numéro 15, à paraître début mai. Le lecteur y trouvera aussi un hommage à Hervé Coutau-Bégarie et une célébration de cette langue française si malmenée ces temps-ci. Or comme le rappelle justement Paul Marie Coûteaux dans Être et Parler français…, « la France [est] d’abord une parole »…

 

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aloysia biessy