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En 2015, l’Organisation Internationale pour les Migration confirmait les prévisions des experts, raillées d’« hypothèses catastrophiques » par les médias. Au 23 décembre 2015 c’est 1 005 504 migrants irréguliers qui sont entrés en Europe. Près de trois quarts d’entre eux n’ont pas été enregistrés à leur arrivée sur le sol européen. D’après Fabrice Leggeri, directeur de l’OIM, c’est 2,8 millions d’entrée illégales en 2015 soit « un record historique depuis la Seconde Guerre mondiale ».

 

  • État des lieux

 

La nécessité d’établir une politique migratoire pour résoudre le problème de l’immigration massive devient de plus en plus urgent. Cependant le frein que pose l’interdiction de statistiques ethniques en France, fausse les résultats et empêche la résolution de cette situation.

Par ailleurs, le nombre de migrants ne cesse d’augmenter : en 2000, c’était 175 millions d’immigrés contre 540 millions fin 2014, auxquels s’ajoutent 550 000 migrants en situation irrégulière. Au total, en 2016, la population étrangère avoisinerait les 18%.

Mais en 2015, la situation géopolitique mondiale –la chute de Kadafi en Lybie, l’Etat islamique au Moyen-Orient, les turbulences politiques en Afrique de l’est – ont engendré une amplification de ces flux migratoires, amenant près de 10 000 migrants par jours en Europe durant l’été 2015.

L’Union Européenne a donc instauré des quotas selon un ratio en fonction du nombre d’habitants. Réponse dérisoire : l’espace Schengen étant ouvert, les migrants pourront aller l’eux même dans d’autres pays.

D’autre part, l’Union a séparé les réfugiés politiques et économiques qui voient leur droit d’asile restreint. Or, le trafic de faux papiers prospérant, cette solution devient inopérante. Les vols de passeports se sont multipliés et ont permis l’infiltration de terroristes dans l’Union européenne.

Pour résoudre la crise sociale qui est en train de diviser les peuples, les États ont préférés faire appel aux bonnes volontés. Accueillir les réfugiés pour témoigner d’un nouveau « vivre ensemble » est le leitmotiv. Mais cet accueil reste mal géré et très inégal à tel point qu’on voit des demandeurs d’asile, dormir sous les ponts et des migrants illégaux abrités dans des logements d’accueil.

 

  • Le coût des migrations méditerranéennes

 

En Septembre 2015, le gouvernement annonçait que l’accueil des migrants supplémentaires ne coûterait ‘’que’’ 600 millions d’euros. Pourtant, le déficit de l’immigration irrégulière s’élève aujourd’hui à 3,29 milliards d’euros par an. Et avec les engagements de François Hollande, il s’élèverait à 3,39 milliards. Avec 15 000 migrants supplémentaires par rapport aux 550 000 déjà présents le déficit serait de 92,45 millions d’euros, soit 6 164 euros par migrant. Mais en tenant compte des coûts d’accueil, de procédure et de formation le coût d’un migrant s’élève encore davantage.

Autre information passée sous silence par le gouvernement : le coût des seules demandes d’asile. En 2015, l’OFPRA a annoncé avoir enregistré 31,5% des demandes d’asiles. En revanche, même si la France est un pays qui ne donne pas de réponse favorable facilement, elle ne reconduit pas forcément les déboutés. C’est-à-dire que ceux qui veulent rester en France le peuvent après avoir vu leur demande rejetée.

Sur la base de 79 130 demandeurs d’asile, le coût à l’année reviendrait à environ 989 millions d’euros et coûterait au contribuable 1,32 milliard d’euros – sans compter les migrations irrégulières.

Il est essentiel, pour l’Europe, d’ouvrir les yeux sur la réalité de la migration en 2015. Il s’agit de trouver des solutions en fonction des réalités de chaque pays. En France, le chômage, l’asphyxie des collectivités territoriales et les promesses non tenues du gouvernement, empêche de trouver des solutions rapides et efficaces. L’hypothèse d’une répartition par l’Europe de l’accueil des migrants selon la capacité financière et physique des États paraît être envisageable.

 

  • Les économies possibles

 

Pour opérer des économies, il est nécessaire de cesser tout idéalisme : non, les réfugiés ne retourneront pas dans leur pays quand les conflits prendront fin. Car on le sait, le conflit ne cessera pas. Non, le danger du périple migratoire ne dissuadera pas les clandestins : car à chaque drame humain, le nombre de migrants augmente. Non, établir une zone de sécurité à proximité des côtes n’empêchera pas les migrations. Les pays voisins ne prendront pas part à accueil des réfugiés comme le fait l’Europe, car mus par l’intérêt de leur peuple, ils auront davantage à cœur d’œuvrer aux bénéfices des leurs. Les mouvements de solidarité ne vont pas s’amplifier…ils commencent d’ores et déjà à s’estomper. Alors quelle solution ? Faire des économies en luttant contre la fraude identitaire (99 millions d’euros). Un phénomène qui fera contribuer les migrants aux frais de santé et de justice… ce qui rapporterait 73 ,3 millions d’euros. De même, il faudrait réduire les subventions octroyées aux associations d’aide aux migrants irréguliers (50 millions d’euros) et appliquer une politique décisionnaire forte en ce qui concerne les déboutés (542 millions d’euros).

 

  • Les défis du présent

 

L’état actuel de la situation n’est pas présentée avec honnêteté : elle vise à influencer la population un phénomène migratoire qu’elle n’a plus les moyens de prendre en charge. Pour autant, les Français ne sont plus dupes : en septembre 2015, le dernier sondage de l’IFOP révélait l’exaspération des Français. 73% d’entre eux s’annoncent peu prêts à assumer le coût financier des migrants sur le territoire français.

L’étude de Contribuables Associés insiste sur les solutions de régulations de l’immigration en Méditerranée, mettant l’accent sur différentes priorités :

  • limiter l’accueil des migrants à ceux qui viennent d’un pays en guerre
  • permettre l’interdiction de travailler aux migrants dont le dossier n’est pas réglé
  • lutter contre les fraudes à l’identité et renvoie dans le pays d’origine du fraudeur.
  • punir les fraudeurs et les profiteurs pour empêcher des migrations de nature belliqueuse (candidats au jihad)
  • prendre des positions fortes concernant les personnes déboutées, applicables au sein de toute l’Union Européenne.

 

  • Les scénarios du futur

 

Plus le problème persiste, plus le climat en Europe devient anxiogène. Face à l’inaction des gouvernements européens, le sentiment d’insécurité des citoyens grandit au sein de l’Union, ne serait-ce qu’après les attentas terroristes de Paris et le réveillon 2016 à Cologne.

Défiance vis-à-vis des forces de l’ordre, défiance vis-à-vis des politiques publiques : telles sont les conséquences d’un tel phénomène.

Certes, les solutions proposées ne règleront pas immédiatement l’ampleur de la vague migratoire actuelle. Pouvoir rétablir un véritable débat doit être remis sur la table, opposant défenseurs et tenants de l’immigration. A l’heure où les migrations évoluent de jour en jour, c’est à un véritable réseau de passeurs et de trafiquants que doivent se confronter les autorités européennes et nationales. A l’origine d’un climat d’insécurité amplifié, de crainte parmi la population, c’est un défi de plus à relever pour les États.

 

Source : Etude de Contribuables Associés, mai 2016, Les migrations méditerranéennes en 2015, chiffres et coûts, les réalités du présent, les scénarios du futur

aloysia biessy