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Une fin d’année 2015 critique pour les TPE, et ce n’est que partie remise pour 2016. Croissance financière ? Hausse de l’emploi ? Investissement ? Enthousiasme des patrons ? Pas pour les TPE. Ces dernières représentent néanmoins 97,3% des 3,14 millions d’entreprises en France.

 

« Hausse de l’emploi » ?

 

L’année 2012 est assurément loin. Quatre ans seulement, et le bilan est désastreux : suppression de postes au sein des TPE ; addition de 600 000 chômeurs au sein de la catégorie A (personnes sans emploi en recherche active), 1 100 000 demandeurs d’emploi dans toutes les catégories,… Devant ces perspectives peu rassurantes, on remarque une baisse du moral des patrons de TPE.

Face à ce bilan, un vague espoir : le projet de loi El Khomri. Ce projet semblait ambitieux pour l’emploi. Il a cependant était dépouillé de son essence par les débordements dont il a été l’objet. Il en résulte un projet brumeux et des propositions contreproductives du gouvernement.

Surtaxer les CDD ou anéantir les TPE revient au même. D’autant plus semblable que les CDD représentent plus de 50% des embauches des TPE, du fait de leur structure adaptée à un effectif moyen de trois personnes en France. Recourir aux CDD permet aux TPE de faire face à une augmentation temporaire d’activité ou des absences provisoires, mais aussi d’assurer la viabilité économique d’un poste. La surtaxe aurait donc pour conséquence une diminution du nombre d’embauche.

 

« Bien être » des employeurs ?

 

Pessimisme ambiant chez les chefs d’entreprise, les moins pessimistes sont les dirigeants des structures de 10 à 19 salariés et ceux du secteur des services aux entreprises. Les plus en difficultés financièrement celles de 1 à 2 salariés, services aux particuliers et industrie.

Il est illusoire de penser détenir la confiance des employeurs lorsque l’on sait que pour 92% des patrons de TPE, François Hollande n’a pas tenu ses engagements et que 9 sur 10 s’opposent à un deuxième mandat de sa part. Ainsi se déclarent-ils majoritairement favorables à Alain Juppé devant Nicolas Sarkozy qui n’emporte indubitablement plus leur agrément.

Par ailleurs, obtenir la confiance de la part des employeurs de TPE ne semble par chose aisée lorsque l’on connaît leur critique de la société française, dont les inégalités et la division ont augmenté ces dernières années dans tous les domaines : secteur privé/secteur public, Français/immigrés, Hommes/Femmes, actifs/retraités. Les chiffres en rendent compte : sur une base de 501 TPE en France, 63% des patrons offrent une place importante à l’égalité dans le choix du candidat à l’élection présidentielle, et seul 1% d’entre eux estime la société très unie. Conséquence ? Un sentiment de précarité dont la solution pourrait se trouver dans le travail, mais les patrons de TPE dénoncent un système d’allocations au chômage qui n’incite pas à la recherche d’emploi. La réelle solution se trouve ainsi pour eux dans la libéralisation du travail et l’émergence de nouvelles formes de travail, la dynamisation de la croissance par le numérique.

En somme, les patrons de TPE n’ont pas la confiance en notre gouvernement. Leur pessimisme est élevé au regard du climat général des affaires englobant même leur propre activité. Un optimisme ? Seul le secteur des services aux entreprises ne semble visiblement pas encore atteint.

Le seul espoir reste le potentiel en terme de développement d’emploi au sein des TPE, en ayant recours aux nouvelles modalités de travail (freelance, télétravail à temps partiel ou complet). Même si la plupart des chefs d’entreprise considèrent que cela favoriserait un retour à l’emploi, 59% estiment que la contrepartie sera une plus grande précarité des actifs.

Même sensibilité s’agissant de la transformation numérique, de mutations liées au développement des énergies renouvelables et de l’économie sociale et solidaire, qui sont vus positivement tant sous l’angle de la croissance que de celui de la cohésion sociale.

aloysia biessy