Les pretres

Polémique du week-end pascal, la RATP a refusé aux « Prêtres » la mention « au profit des chrétiens d’Orient et de l’Œuvre d’Orient » sur leur affiche de concert. La régie des transports parisienne a rétropédalé depuis. Toutefois, le mal est fait. Pendant près d’une semaine, nous aurons dû nous contenter de l’explication terrible de la régie stipulant qu’elle ne souhaitait pas porter atteinte à la laïcité ni violer le principe de neutralité en prenant partie dans un conflit extérieur. Refuser de faire un choix entre les Chrétiens d’Orient victimes d’un génocide dans l’indifférence quasi-générale et l’Etat islamique revient pourtant bien à soutenir les islamistes. Cette polémique absurde est l’illustration de cette application rigide de la laïcité et de la neutralité de l’Etat à destination de la seule religion chrétienne

 

La laïcité, arme de destruction de l’identité française :

Moins tatillonne lorsqu’il  s’agit de promouvoir le Secours islamique ou encore des compagnies de communication permettant d’appeler moins cher le Maghreb pendant le Ramadan la Ratp s’est cette fois-ci réclamée de la laïcité. La neutralité religieuse semble donc à deux vitesses. Pour la neutralité pendant un conflit armé, la RATP avait moins de scrupules lors de guerre du Kosovo en acceptant des affiches faisant passer le gouvernement serbe pour des nazis.

En réalité, cet épisode navrant enclenché par la RATP illustre une de fois de plus que la laïcité apaisée, à savoir des relations saines entre l’Eglise catholique et la République, n’a jamais réellement existé. Les tenants du laïcisme forcené expliquent qu’au nom d’une domination culturelle et politique du christianisme pendant 1 500 ans en France, il faut laisser une chance aux autres religions de « rattraper le niveau ». Les minorités ont toujours raison et priorité face à la majorité. Cette polémique s’inscrit dans un travail d’effacement systématique des derniers reliquats du christianisme survivant dans notre société (repos dominical, crèches dans les lieux publics, jours fériés dans les DOM-TOM…). 

Dernier exemple en date, la position du politologue Thomas Guénolé, professeur à Sciences Po. A l’antenne de RMC, au micro de Jean-Jacques Bourdin, mais aussi dans les colonnes du Plus Nouvel Obs, cet expert en Sciences politiques explique doctement ceci :

«  L’existence de ces six jours fériés chrétiens (NDLR : lundi de Pâques, jeudi de l’Ascension, lundi de Pentecôte, l’Assomption, la Toussaint, Noël) dans le calendrier républicain pose un sérieux problème d’iniquité de traitement entre les chrétiens pratiquants et tous les autres.

D’un côté, si un chrétien pratiquant veut fêter Pâques, l’Ascension, l’Assomption, etc., il peut le faire sans prendre de congé, puisque ces dates sont déjà fériées. De l’autre, si un juif pratiquant veut fêter Hanoucca, si un musulman pratiquant veut fêter l’Aïd el Kébir, si un franc-maçon veut fêter la Saint-Jean d’Été, etc., il doit prendre un congé pour le faire.

C’est la définition même d’une inégalité de traitement entre les pratiquants de la foi chrétienne et tous les autres habitants du pays. »

Il avance une solution : déchristianiser ces fêtes religieuses, ciment de notre culture traditionnelle, et les remplacer par des fêtes républicaines, ou par des jours de congé que les Français pourront prendre quand ils veulent. Bref, une société hors-sol, coupée de ses racines chrétiennes multiséculaires.

 

Les chrétiens, ces grands oubliés de la caste politico-médiatique :

En République française, il semble possible de parler de toutes les religions, sauf du christianisme, apparemment. La seule prononciation du mot « chrétiens » semble brûler les lèvres de nos responsables politiques. Ainsi, dans un communiqué à propos du massacre des 148 étudiants au Kenya, l’Elysée omet de préciser une nouvelle fois un fait primordial : ils ont été tués à cause de leur Foi chrétienne, les étudiants musulmans étant systématiquement épargnés. Lors de l’exécution de 21 coptes égyptiens en Libye, la même occultation du caractère religieux du massacre avait été faite. 

La déformation, voire la négation de la réalité, devient lassante. Les actes anti-chrétiens sont systématiquement minimisés, relativisés, par la presse, et tus par les pouvoirs publics. Ainsi, en février dernier, BFM diffusait un tableau recensant le nombre de profanations de cimetières en 2014 :

–        cimetières chrétiens : 206

–        cimetières juifs : 6

–        cimetières musulmans : 4

Cinq heures plus tard, le même tableau était diffusé, mais la mention « cimetières chrétiens » était remplacée par la dénomination « cimetières municipaux ».

Il s’agit d’un exemple parmi tant d’autres. Quand par exemple des Femen attaquent une église, profanent une cathédrale, il s’agit de la liberté d’expression. En revanche, quand des identitaires dénoncent la prolifération des mosquées en France, il s’agit d’une atteinte au vivre-ensemble et à la laïcité.

Une contradiction relevée le 6 avril par le député UMP Sébastien Huygues : « Pourquoi Hollande ne sait-il pas dénoncer le massacre de chrétiens Kenya alors qu’il sait dénoncer les actes antisémites ou antimusulmans? »

 

Cet éternel deux poids deux mesures montre la vraie nature de la laïcité à la française. La République, par peur de toujours trop en faire vis-à-vis des chrétiens et de porter atteinte au principe de neutralité, finit par les reléguer en des citoyens de seconde zone. Depuis le début du quinquennat, les chrétiens n’avaient jamais eu le privilège de se voir souhaiter une bonne fête de Noël, ou une joyeuse fête Pâques par le gouvernement. Lorsqu’il qu’il n’omet jamais de gratifier les musulmans d’un bon ramadan, ou les juifs d’une bonne fête d’Hanouccah.

Toutefois cette polémique insensée avec la RATP a permis un réveil de la classe politique qui s’est dite unanimement (de Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls à Marine Le Pen) indignée par un tel traitement. Cette affaire et le massacre de Garissa au Kenya ont sans doute poussé Manuel Valls à souhaiter pour la première fois de bonnes fêtes de Pâques aux chrétiens et aux juifs français.

Nous pouvons noter également l’intervention appréciable d’Oliver Falorni, député RRDP de la Charente-Maritime, lors des questions au gouvernement. Celui-ci a déclaré « Il faut dénoncer cette volonté d’extermination des chrétiens à travers le monde », en rappelant le Kenya, la Libye, l’Irak et la Syrie.

La minimisation et l’humiliation des chrétiens par une partie des médias et de la classe politique a toutefois fait comprendre à beaucoup l’importance de s’investir clairement dans le débat politique, et que la défense de leurs valeurs (famille, vie, identité française…) n’était en rien une tare mais au contraire une force. En voulant anéantir tout signe de chrétienté en France, les ayatollahs de la laïcité auront au contraire réveillé un certain nombre de consciences qui ne sont pas prêtes de quitter l’arène politique.

 

 

Rédacteur Web